L’oeuvre de Pierre Arnaud se décline au travers de techniques multiples - dessins, vidéos, photographies, volumes - et ne cesse de s’accroître dans un mouvement d’auto-génération libre et riche, aléatoire et systématique. En effet la cohérence de l’ensemble est frappante : une même attention portée à la maladresse, à une poétique de la fragilité, à la pauvreté des moyens mis en oeuvre et du processus même de réalisation (que ce soit au travers du plan-séquence de ses films ou du carton coupé au cutter et agrafé). Une simplicité dans la technique lui est nécessaire pour dépouiller ce qu’il veut montrer des artifices de la monstration. Contre la sophistication et la grandiloquence, contre l’affirmation au bénéfice de la proposition. Il ne s’agit pas de construire un système en dehors de toute réalité, mais d’épurer et d’expérimenter les différentes combinaisons de quelques uns des éléments de celle-ci, lignes et structures, constructions et paysages.
Pauline Faure