Dominique Castell Voyons voirJe travaille depuis plusieurs années sur le soleil, la chaleur et, par le biais de la photographie et du dessin, sur une approche sensible des paysages d'étés anéantis ou exaltés par l'abondance lumineuse.Le corps qui passe dans ces paysages méditerranéens, réceptacle des heures chaudes, éprouve pleinement "le point d'ébullition" dont parle Bataille*"qui lie la sauvage destinée humaine, au rayonnement, à l'explosion, à la flamme": aveuglement, insolation, syncope, étouffement, ramollissement, étirent les sens, et ravivent les émotions: tous ces états vrillent la lecture du paysage et menace le genre d'un gigantesque réchauffement climatique.
Il arrive même que la chaleur du sentiment amoureux,l'intensité du désir, la brûlure du manque accompagnent et amplifient ma lecture du paysage. Ainsi, les vallonnement dessinés, les broussailles photographiées,les mots d'amour consignés... tous proclament la flamme, la menace d'un possible embrasement, l'attente d'un possible embrasement.
Le désir se frotte à la photographie et obnubile sa visée,change de moyens de transports, investit d'autres moyens d'expressions, se trace à la pointe de l'allumette, joue du soufre, fait tourner et tomber les têtes, consume les corps ...
...bouleverse le paysage.
d. c.
septembre 2009, Marseille
* Georges Bataille, "Van Gogh Prométhée",Oeuvres complètes t. 1,Gallimard.