J’ai joué au water-polo pendant 12 ans. C’est un sport qui se pratique dans une piscine. Il y a 7 joueurs dans chaque équipe qui s’affrontent au cours de 4 périodes de 7 minutes, mais avec les arrêts de jeux liés aux fautes, un match dure environ 1 heure. Pour distinguer les équipes, les joueurs sont munis de bonnet bleu ou blanc et les gardiens de but ont le privilège d’avoir un bonnet rouge.
J’ai passé un temps incalculable dans l’eau, parfois je forçais tellement à l’entraînement que je sentais le goût du sang dans ma bouche. Je pense que j’étais masochiste et drogué. Je suis droitier, mais j’ai souvent été placé du côté droit en attaque, dans le jargon, on appelle ça « jouer mauvais bras ».
J’ai eu l’honneur de débuter ma carrière, en bord de mer, au Cercle des Nageurs de Marseille puis j’ai changé de club pour les Sauveteurs de Givors, en bord d’autoroute. Je n’ai jamais battu mes anciens coéquipiers.
J’ai joué en Nationale 1, en équipe de France cadet et junior ainsi qu’en équipe de France militaire. Le Bataillon de Joinville était une section de l’armée réservée aux sportifs de haut niveau. Pour plusieurs raisons, j’ai passé une des pires années de ma vie. André Fortino, Matelot deuxième classe, Bataillon de Joinville, section water-polo, à vos ordres mon Colonel…
Le water-polo est un sport vicieux dans lequel les joueurs passent leur temps à se tirer, se pousser et se donner des coups sous l’eau, là ou l’arbitre peut difficilement voir. La virilité de chacun étant régulièrement sollicitée.
J’ai arrêté le sport en 2001 mais aujourd’hui lorsqu’il m’arrive de pratiquer une activité physique, je déclenche toujours des mécanismes de compétition. En d’autres termes j’ai été conditionné.