
Jean-Antoine Raveyre Galerie Bernard Ceysson Comme en musique, l'expression « photographie de chambre » symbolise qu'elle est destinée à être exposée dans l'intimité d’un intérieur et que l’aspect formel prend en compte la petitesse de l’espace. C’est aussi le choix narratif sur lequel je fonde la thématique de l’exposition pour Supervues à l’Hôtel Burrhus, Vaison la Romaine.
J’ai longtemps utilisé la chambre comme sujet dans mes compositions photographiques. Idéal pour développer « littérairement » l’intimité d’un personnage, je propose pour l’exposition différant points de vue de la chambre dans un accrochage, qui restera je le pense, sobre.
Photographe, je vis et travaille sur Saint-Étienne, je développe une démarche artistique associant construction plastique et mise en scène photographique. Je m’appuie sur une méthode de travail similaire à celle pratiquée au cinéma, pour réaliser des photographies grands formats où la narration prend la place centrale dans l’image.
Cette idée d'image narrative n'existe pas seulement dans son sens romanesque, il s’agit aussi de s’appuyer sur le concept d'historicité.
Les références historiques, picturales et littéraires parsemées dans mes images ne sont pas le témoignage d’une culture commune, mon intention est de situer ma présence au sein de l’histoire de l’art.
Chacunes des photographies que je réalise demandent plusieurs mois d’élaboration. C’est un travail de longue haleine passant par l'écriture du synopsis, puis l'écriture photographique, le croquis, l'étude des lignes et des couleurs, viennent après les opérations de mise en œuvre : tracer les plans de la scénographie, la construction du décor, la recherche et la fabrication des accessoires, le casting des personnages, l'implantation de la lumière… et enfin les séances de prises de vues.
Jean-Antoine Raveyre