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France Cadet cartte blanche à Philippe Vermander

France Cadet

Scientifique détournée par l’appel de l’art, France Cadet, née en 1971, n’est pas la première excentrique à développer une certaine fascination pour la robotique.

Sa formation et son intérêt initial pour la biologie, ont donné naissance à ses préoccupations actuelles, notamment à un thème central de son travail: la question du vivant et la relation complexe et ambiguë entre les espèces. France Cadet développe ainsi une étude comportementale de l'homme envers sa propre espèce traitant de la sensualité et ses stéréotypes, ainsi qu'une étude sur la relation anthropomorphique, affective ou délétère qu’entretient l’homme avec l’animal, qu’il soit robotique ou de chair et de sang.

Ses installations multimédia, souvent ironiques, ludiques et grinçantes, s’exposent sur la scène artistique nationale et internationale.

Son travail s’est vu récompensé par VIDA 6.0, un Concours International sur L’Art & la Vie Artificielle, aux Digita Awards 2004 à Tokyo, et a été acheté par le Musée de Badajoz en Espagne, le MEIAC. Il a récemment été exposé à Paris à Show Off, Art Paris, Slick et à la galerie Numeriscausa, mais également à la Galerie Roger Pailhas, Pascal Vanhoecke, à La Vilette, au Palais de Tokyo, aux Etats-Unis (Wood Street Gallery à Pittsburgh, Art Miami, Chicago), au Brésil (Museu do Estado de Pernambuco, Emoção Artficial3.0 à Sao Paulo), en Allemagne (D.A.M gallery), en Autriche (Ars Electronica, Black Box Gallery), en Espagne (Laboral à Gijon, CAAC à Séville, ARCO  et Fundacion Telefonica à Madrid), en Italie (Palazio delle Arti Napoli), à Lisbonne (galerie Quadrum), à Tokyo, à Shanghai, en Corée...

Par ailleurs depuis une quinzaine d'années maintenant France Cadet mène des stages robotiques et dirige l’atelier robotique de l’école Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence. Elle vient également de rejoindre l'équipe enseignante de la renommée School of the Art Institue of Chicago après y avoir dirigé le département Art & Technology.

La plupart des pièces de France Cadet traitent de problèmes sérieux mais sur un ton plutôt ironique et ludique: des jouets rigolos, des jeux vidéo cocasses, des animaux de compagnie mignons, des machines attrayantes, des robots séduisants… tout comme un univers coloré enfantin se mêle à un univers pour adultes avertis. C’est à travers, l’humour, la dérision et la caricature voire la subversion que s’opère le détournement de ses pièces («Leçons de séduction», «Tapis d'éveil», «Boites à mmh...» et «Happy Hoppers»), car il s’agit bien souvent de cela, un détournement, un détournement du discours scientifique tout comme un détournement d’objets. France Cadet n’adopte pas une attitude militante contre les problèmes qu'elle aborde mais essaie plutôt de susciter le débat, évoquer la problématique avec légèreté et malice. Le discours est plutôt gentiment sardonique, la critique sociale narquoise et caricaturale, certes, mais toujours sous-tendue des faits réels.

Le point d’orgue de ce détournement est l’utilisation de ce robot chien du commerce, cousin du célèbre Aibo de Sony, sur lequel France Cadet pratique des actes de chirurgie électroniques. Elle les customise, les transforme et les reprogramme avec des comportements inhabituels. L'utilisation de ce robot confère à ses nouvelles créatures une mobilité, une autonomie ainsi qu'une possibilité de projection anthropomorphique de la part du public qui de ce fait engage un échange presque immédiat avec ces êtres robotiques. Toutefois il n’y a pas de réelle intelligence artificielle dans leur programme, ce n’est pas le propos, il faut plutôt en saisir l’essence poétique et narrative.

Nombre de ses réalisations obéissent en apparence aux règles rigoureuses d’une démonstration scientifique, une sorte de pseudo-théorie ou imposture scientifique. («Les Radiogrades», «LesCrédébilités Scientifiques», «Dog[LAB]01»). Il s'agit en fait d'une sorte de sophisme ironique pour dénoncer l’ésotérisme du discours scientifique, qui limite les possibilités d'analyse du public profane. Ces études visent à explorer les limites et les problèmes de maîtrise de la science et des technologies au sens large: radioactivité, clonage, eugénisme, biotechnologies, artificialisation de la vie, répercussions sur les humains et non-humains, problèmes éthiques engendrés, droit de manipuler le vivant, dans les laboratoQires comme sous couvert de projets artistiques.

La réalisation de dispositifs artistiques interactifs induit des formes d’exposition impliquant le public dans le procès de l’œuvre. Toutefois la plupart des œuvres de France Cadet fonctionnent sur deux degrés de lecture. Une première préhension se fait par l’observation même de ses sculptures et de la scénographie mise en œuvre (les robots chiens hybrides de «Dog[LAB]01» ou les «Trophées de chasse robotiques», même inactifs, dévoilent déjà une grande partie du concept général de la pièce). Ensuite vient une approche participative qui révèle alors toute l’étendue de l’œuvre et de façon variable suivant l’action du spectateur, une composante inhérente à l’œuvre interactive.

Maintenant, à vous de jouer...

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