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Réservation     



Julien Tardieu Lieu Commun - Toulouse

...Une sorte de «hein?»1?                                                     ???L’essentiel de ma production prend sa source dans la constitution ?d’un corpus de carnets de plus de deux cent pièces à ce jour. ?Conçus sans aucunes contraintes thématiques et quasi quotidiennement, ?je pense ces carnets comme des cartes mentales, lieux d’inscription de ?l’imagination et de la mémoire; traces visuelles et résiduelles ?de ce qui, à un moment, a été intégré. Laissés au repos plus ou moins ?longtemps, je les parcours à nouveau pour en abstraire des ?typologies de formes/motifs que je réactive dans des installations, ?des dessins, des films ou des animations.??Préférant les formes résiduelles à celles élémentaires, les tonalités ?aux couleurs pures, je procède à d’infimes altérations de la couleur et ?de la surface, refusant ainsi une idée trop stricte de la planéité, ?de l’« honnêteté » des matériaux et de leurs corollaires conceptuels que ?seraient la morale et la vérité.?Dans une certaine mesure, à la littéralité d’un Frank Stella et de sa célèbre ?tautologie « what you see is what you see », j’oppose le fait que tout objet ?implique l’existence d’un autre objet, et que, selon G. Didi-Huberman, ?ce que nous voyons devant nous regarde toujours dedans2. ??Dans ces travaux, j’essaye donc de rétablir cette tension entre ce que ?l’œil voit et l’œil comme vecteur de mémoire. Paradoxalement, les éléments ?qui constituent ces compositions sont  aussi bien vides de signes qu’ils ?suggèrent quelque chose de connue. Le regard cherche des indices ?dans un balisage formel approximatif et hypothétique, l’imagination et la ?mémoire jouant leur rôle de (re)mise en forme d’une pensée, d’une sensation. ??L’image, elle, viendrait après coup. ????1- Huit textes et vingt-trois entretiens, Ed Ruscha, éd. jrp/Ringier, 2010, p.79?2- Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, Georges Didi-Huberman, éd. De Minuit Paris, 1992