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Réservation     



Maëlle Labussière Galerie AL/MA - Montpellier

“[…] La peinture de Maëlle Labussière repose sur l'exploitation systématique d'un processus toujours extrêmement simple, minimaliste, à ceci près que l'effet obtenu est loin du dépouillement. Les traces énergiques, parcourant la totalité de l'espace qu'elles balisent et rythment, révèlent le désir d'entretenir une relation physique directe et forte avec le tableau : d'où la fréquence de vastes formats dans lesquels le geste peut prendre sa pleine mesure. Ces formats tendent à déborder virtuellement sur le mur qui les supporte ; ils habitent littéralement l'espace de la tension qui les maintient entre unité et fractionnement non dissimulé. […] Dans les toiles réalisées autour de 2000, la structure demeurait très linéaire, balisée de traces laissées par divers outils, fabriqués ou modifiés par l'artiste. Chaque geste s'y lie aux autres, créant une forte cohésion de la surface picturale, sans pour autant perdre ses caractéristiques propres – largeur, matière, intensité, couleur. La succession de gestes se mue en un seul geste, ample ou au contraire rapide, condensé ou fractionné, provoquant une tension permanente entre l'un et l'ensemble. Les peintures les plus récentes se caractérisent par une mise à mal de cette structure qui, si elle demeure présente, est détournée, plissée par les épanchements, irisations, coulures de la matière picturale laissée àelle-même. Le tableau résulte ainsi d'une tension entre une relative préconception, réduite le plus souvent au choix de l'outil qui va laisser les premières traces, et les aléas imprévisibles de l'exécution : La couleur est animée de mouvements onctueux qui creusent la surface, détruisent l'ordre initial pour créer des zones de plissement, suggérer une certaine profondeur ; une certaine préciosité parfois même se dégage d'accords colorés inattendus. Ces traces, coulures, gestes marquent le tableau de la mémoire de son exécution : Allers-retours incessants, ruptures, reprises, abandon, recouvrements… Pour autant, une fois le tableau achevé, ce dernier ne constitue pas la simple exposition de son processus de réalisation, qui demeure à la fois trop complexe pour être reconstitué, et cependant toujours perceptible au travers des vestiges affleurant à la surface.[…]“
Cédric Loire