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Réservation     



Johanna Quillet CAC - Châteaux des Adhémar



Topologie du quotidien

De l'infra-ordinaire Duchampien à l’extra-ordinaire de Johanna Quillet, une photographie sur la question de la topologie du paysage qui nous entoure et qui fait que notre quotidien se révèle.

Penser la photographie aujourd'hui n'est plus possible sans penser l'image en dehors de son mode constitutif, soit en dehors de ce qui l'a fait être comme telle. Être artiste photographe aujourd'hui c'est une prise de conscience de soi au monde et de soi aux autres. Johanna Quillet a fait le choix d'être photographe et de faire de la photographie. J'entends faire de la photographie comme on fait de la poésie. L’acte photographique est pensé comme l'acte poétique - poétique dans la mesure où il s’agit d’un travail sur le réel - un modelage à partir d’une technique.

L'acte photographique n'est pas une question de temps de pose, il est le résultat du regard de l'artiste, celui-là même qui selon Henri Bergson « regarde la réalité nue sans voiles »1 et le travail de Johanna Quillet lève le voile. Pourtant ses photographies ne montrent rien au premier abord. Avec de la pudeur, elles suggèrent dans un premier temps puis si le regardeur prend le temps, sa photographie offre une seconde lecture perceptible et sensible. Dans son travail, le geste picturale, le récit, la narration est plus que (re)présenté. Le paysage, le quotidien, l'intime,  les thématiques principales du travail de Johanna Quillet sont pris dans leurs acceptations la plus simple et commune.

Porteurs de significations immatériels mais surtout symboliques, les paysages photographiques, et les extra-ordinaires du quotidien de l'artiste questionnent plus qu’ils ne répondent à ces notions. Et cependant nous confrontent, nous aussi, à notre propre rapport au paysage, et à notre présence au monde.


Novembre 2014, L.O.

1. Bergson, Conférence de Madrid sur l’âme humaine, 2 mai 1916, in Mélanges,
P.U.F.