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Réservation     



Guillaume Loiseau 3 Bis F - Aix en provence

Mon travail s’articule autour de :

échec / ratage / erreur > sérendipité / burlesque
invisible / caché / magie
corps chorégraphie / social /   
presque rien et je ne sais quoi / infra-mince

Il m’est plus facile d’écrire sur mes préoccupations plutôt que sur mon travail.
Toutes les petites choses presque imperceptibles, le « presque rien » qui s’immisce et le « je ne sais quoi » fugace et difficilement définissable fondent un champs d’intérêt qui donne beaucoup à dire/faire/écrire. En tous cas, ça alimente considérablement mon travail où l’on retrouve d’infimes particules en suspension, des ultrasons inaudibles, d’infime erreur produite lors d’une répétition et quelques volutes de fumée…

J’ai donc essayé d’écrire un texte commençant par « mon travail »… Mais depuis quelques années, mon travail l’est de moins en moins. Ce n’est pas la notion de travail que je remets en cause. Je suis artiste auteur et mes activités sont diverses. Elles comprennent entre autres :
- prise de vue vidéo & photo
- prise de son
- montage
- programmation et bidouillage de (plus ou moins) nouveaux médias
- édition papier et HTML
- workshops & ateliers
- cuisine
- lectures diverses allant de documents spécialisés, thèse, littérature SF et même zoophile
- écoutes documents radiophoniques, visionnage séries / films
- visites d’expos et participation à des événements culturels
- déplacements
- activités curatoriales
- paperasse administrative et dossiers pour postuler à diverses résidences, concours…
- compta basique
- communication web, médiation
- sans compter les heures passées à rencontrer des gens dans des soirées, vernissages, rencontres organisées, restos …

Ce qui me pose problème c’est le possessif « MON travail »

D.I.Y. (Do It Yourself), littéralement « faire vous-même ».  C’est un peu les questions sous-jacentes de mes travaux. Ne sachant pas vraiment faire toutes ces choses évoquées ci-dessus, je m’appuie largement sur la communauté web pour arriver à mes fins. Je fais moi même grâce aux autres.
Je fais avec les autres, c’est souvent le cas quand je propose à d’autres d’intervenir ou que je m’appuie sur des rencontres… Nous faisons… Les ateliers et les rencontres nourrissent ma réflexion et sont une large partie de mon travail. D’un travail qui m’échappe volontairement, me surprend, m’interroge, me pousse à exécuter… Puis, condition sine qua non à certains de mes travaux, il est adressé à quelqu’un. Parfois toute la pièce réside sur la personne à qui elle est destinée. C’est particulièrement le cas des DVD - Intervention #04 qui sont fabriqués au cas par cas pour une personne qui m’a prêtée l’original et sans qui je n’aurais rien fait.

Mon travail est protéiforme polymorphe et polycéphale. Voilà ce qui pourrait définir mon travail.

Je m’intéresse à rien. Le même « rien » que celui que John Cage évoque en 1950 dans Lecture on nothing.
Je m’intéresse à la répétition, au banal, au quotidien ; tout ce qui, par la force de l’habitude, devient invisible et disparait de notre regard. C’est là, devant notre nez, bien présent mais pourtant nous n’y prêtons plus attention.
Je m’attache à rendre singulier ce qui est multiple. J’use de l’habitude comme outil de prédiction. De ces modèles, j’anticipe le moment opportun pour m’immiscer, introduire un décalage, proposer un contre-scénario... discret.
« Discret » car je m’intéresse aux choses qui s’effacent et disparaissent. À l’image de ce fil tendu qui n’apparait que lorsque les personnages du film l’enjambent (Trafic, Jacques Tati, 1971), ces choses existent mais ne se voient pas. Elles sont. C’est ce qui fait leurs forces. C’est ce à quoi j’aspire pour mon travail.