Show me your pussy, I'll show you my dick !
Petites réflexions
Mon oeuvre, malgré les apparences, ne joue pas sur le tableau de la provocation gratuite. Elle veut rendre compte et questionne l'émergence d'un comportement intime liée aux nouvelles technologies. On peut constater depuis l'avènement d'internet un paradoxe troublant : l'intimité des êtres rendue publique... L' oxymore intimité / publique n'est-il pas déconcertant ? Depuis toujours le sexe s'empare et exploite les nouveaux médias. Prenons cas de la photographie, dès les premiers daguerréotypes, une iconographie érotique et pornographique vit le jour, il en va de même pour la fabuleuse création des frères Lumières : le cinématographe. Le téléphone et plus tard le minitel n'échappèrent pas plus à la règle et virèrent à leur tour très vite au rose. Mais internet a ceci d'exceptionnel, qu'il cumule les caractères propres à chaque mode particulier de communication, ce qui en fait un super-média et donc une super plate-forme du sexe. Fidèles au rendez-vous, les mercantiles sont toujours là et la floraison pornographique n'a de cesse d'enfler comme un trou noir insatiable et de répandre son sturpe dans les consciences. Ce fluide est-il fertile ? Si oui, quel germe porte-t'il ? Mon âme, moins prompte au puritanisme qu'au jugement critique, n'en est pas chahutée pour autant. Sans vouloir porter offense à Lady Chatterley, à la littérature épistolaire érotique, aux mêmes journaux intimes, aux courtisanes et leurs dangereuses liaisons ou à Sappho pour les anciens, nos aïeux se font littéralement écraser par la source intarissable qui donne lieu aujourd'hui à un torrent tumultueux de blogs intimes sur la nappe immense de l'océan numérique. Le repli de la honte veut-il s'enorgueillir ? De quoi témoigne l'étalage sans cesse grandissant du pubis amateur ? L'envahisseur pornocrate est-il coupable ? Le tabou de la nudité s'effondre-t'il ? La nature reprendrait-elle ses droits ? La pudeur est-elle culturelle ? Et par là, cet étalage ne serait-il pas l'expression refoulée que le quidam s'autorise par des moyens qui lui permettent de se protéger, devant l'offense faite à Dieu, la morale et/ou ses contemporains ?