supervues - petite surface de l'art contemporain du vendredi 11 décembre au dimanche 13 décembre 2009 - hôtel Burrhus - Vaison-la-Romaine

Hélène Agniel

Une sensibilité aux petites choses, à l’infra-ordinaire, a peu à peu orienté ma pratique vers la composition d’images à partir d’objets trouvés/glanés...
Je tente d’archiver les micro-événements, les rencontres, ou plutôt les ‘saisissements’ auxquels je suis sensible dans mon environnement quotidien. Petites choses oubliées, négligées, inaperçues ; autant d’infimes détails qui une fois cernés-cadrés se trouvent révélés.
Essayer de ne pas décider, mais de se laisser atteindre...
Divers intérêts ont émergé au fil des années. L’un, récurrent, est cet instant de la rencontre avec de petits riens, déchets, papiers froissés, que je trouve au sol. Ces restes deviennent alors des monuments dérisoires. Le changement d’échelle, souvent présent, ainsi que le choix d’un cadrage au ras du sol, me permettent de ‘relever’ ces choses... Je m’en approche, non pas pour mieux les voir, mais pour les regarder différemment. Souvent, ces choses pourraient, à elles mêmes, constituer des sculptures.
Certaines fois au contraire, le saisissement se trouve non plus sous mes yeux, mais au-delà, dans cet aller-retour constant entre le micro- et le macro environnement. L’œil dérive, dans un rapport à l’horizon, au-delà, ou bien en dessous...
Imperceptibles paysages, fragments de temps ou d’objets; ces images sont avant tout le compte rendu sensible d’un rapport particulier au monde environnant.
Mes photographies les plus récentes s’ouvrent vers de nouveaux possibles..
Il est toujours question du statut des petits riens anodins, périssables, cependant au lieu de les présenter pour ce qu’ils sont et ce qu’ils m'évoquent intuitivement, je choisis de les mettre en scène, en fabriquant de faux paysages.
Je compose mon image avec un décor, une scène, comme pour un portrait de l’objet, lui-même transformé par son environnement. L’univers devient domestique, voire féminin (mouchoirs, cotons, miroirs...). Le décor est lui aussi récupéré. Grâce aux fonds d’images libres de droits trouvés sur internet, je m’approprie l’image qui me semble la plus juste pour présenter mon objet.

En réalisant un photomontage manuel, je procède à une ‘re-prise’ de vue de la scène obtenue.
L’ensemble est de composition assez ‘pauvre’: petits bouts de papiers, des petites photographies qui pixellisent, une impression en basse définition pour le fond; je me sens proche de la peinture dans ma manière de travailler l’image, de la présenter même...
Le choix du support (papier mat, contre-collage sur bois épais) est important pour moi, on est proche de l’objet, de l’image, au-delà de la photographie...

http://heleneagniel.blogspot.com