supervues - petite surface de l'art contemporain du vendredi 12 décembre au dimanche 14 décembre 2008 - hôtel Burrhus - Vaison-la-Romaine

Anne-Charlotte Depincé

Dans For ever Mozart, Jean-Luc Godard cite Manoel de Oliveira qui attend du cinéma « une saturation de signes magnifiques qui baignent dans la lumière de leur absence d’explication ». Si c’est la vérité du cinéma, entre un apparaître et un disparaître, j’envisage volontiers l’espace du tableau, à l’image du lieu de l’écran, comme une déroute intentionnelle.
Je développe une peinture du recouvrement à partir d’images de films ou d’images photographiées, la succession des couches de peinture participant de l’immobilisation des figures dans le tableau. L’image ne cesse ainsi de se déplacer vers une dilatation de la chose peinte dans l’espace et le temps mesurés du tableau, et le décalage entre l’image ayant servi au tableau et le tableau lui-même ne nous le montre qu’encore plus incomplet, comme l’est l’image, comme l’est le souvenir.

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