Cette vidéo du jeune artiste canadien Jonathan Hershaw compile 1 millier
d’images fixes collectées manuellement sur des sites gouvernementaux,
à partir de webcams de surveillance situées en différents points de l’Alaska,
la plupart à la limite de la zone Arctique. A ces images de surveillance,
Hershaw a ajouté les logos des 200 principales multinationales dans les
domaines de l’informatique,
de l’ingénierie en communication et des transports, en les coupant selon
un axe horizontal médian tout en les associant aléatoirement entre eux
par moitié. Le défilé ininterrompu de ces logos fractionnés et néanmoins
reconnaissables sur fond d’immensités neigeuses nous entraîne dans un
premier temps à penser que nous sommes en présence d’une vidéo militante
destinée à interpeller le spectateur sur l’implication néfaste de ces
marques dans les processus de changements climatiques puis nous rappelle
qu’il ne s’agit en définitive que de simples images tirées du réel dont
l’existence et la médiatisation n’ont été rendues concrètement possibles
que par le biais de produits manufacturés développés par ces mêmes ‘world
compagnies’.
PLATFORM est à ce jour une série de 12 films tournés dans des
quartiers bien précis de quelques métropoles choisies pour leur modernité
et complexité architecturale. Toutefois l’architecture n’est pas filmée
pour elle-même, elle y tient le rôle de contexte, d’arrière plan. Ces
lieux sont aussi des carrefours des différentes voies de communications,
les flux y sont donc importants et quasi constants. Une multitude de micro-évenements
sont enregistrés dans un seul plan fixe. La simultanéité de ces évènements
très banals (une voiture passe, puis un train et un passant...) est aussi
ce qui en fait la richesse sonore et visuelle. Les choix du montage des
plans et de mixage de la bande-son viennent défier l’objectivité documentaire
des plan fixes qui constituent le film. L’utilisation des techniques de
montage du cinéma de fiction permet de tisser des relations infra-minces
entre les plans. L’attention est ainsi focalisée sur une succession de
détails qui en deviennent primordiaux.
Bande-Son
Chaque film a fait l’objet d’un travail original sur la bande-son par
des musiciens de la scène électronique expérimentale internationale:
Stephan Mathieu (all), Sebastien Roux (fr), Sogar (all), Christian Fennesz
(aut), Giuseppe Ielasi (it), Oren Ambarchi (aus), Pirandèlo (it), Taylor
Deupree (us), Cats Hats Gowns & Perfume (fr) et Vladislav Delay (fin).
Chaque musicien a utilisé la bande-son originale pour la retraiter, la
re-interpreter et lui ajouter d’autres sons. Ce procédé rendu possible
par le traitement audio informatique permet de conserver un ancrage dans
le réel grâce aux sons enregistrés lors du tournage tout en proposant
une ré-interprétation musicale du paysage sonore avec les sons rajoutés
au mixage final.
Le travail de Brian Doyle remet en cause la notion d'expérience commune. Ses vidéos, installations et photos tentent de révéler les subtilités et les étrangetés nées de la rencontre entre phénomènes culturels et naturels. Le résultat de ses recherches formelles s’apparente à des ‘documentaires’ oscillant entre fiction et réalité, découvrant avec élégance certaines réalités présentes sous la surface de notre re-connaissance. Les vidéos de Brian Doyle abordent les notions et thèmes actuels de satur ation de l'information, de technologie en tant que progrès assumé, de futur et de passé se heurtant au sein d’un présent transfiguré.
Tourné entièrement en extérieur à ‘Celebration’, la ville fabriquée par Disney en Floride, ‘Yestermorrow’ explore une époque prise entre futur et passé, un ‘non-présent’ éclipsé par un mélange insolite de nostalgie artificielle et d'utopisme technologique. Serpentant à travers les espaces interstitiels de la ville, de la rampe de sortie d’autoroute à l'allée de jardin, le visiteur effectue un parcours inspiré des parcs "à thèmes" tandis qu'une pluie de flashes photographiques s'abat sur le décor en ap parence irréel. Alors que le crescendo de flashes accompagné d’un ragtime archaïque et de sons futuristes augmente, tapi au centre de ce mélange unique de banalité standardisée et de magistrale imposture, un mauvais pressentiment commence alors à se dégager de cette étrange excursion.
Les travaux vidéo de David Coste interrogent des espaces-temps intermédiaires, des lieux de recomposition utopique du regard où la frontière entre réalité et fiction oscille au grès d'images inscrites dans un imaginaire sensible, faisant appel à une mémoire collective. Ces images manipulatrices se révèlent comme telles afin que le spectateur fasse un geste, celui de prendre du recul face à elles, afin de se forger un nouveau point de vue. Son travail a fait l'objet de plusieurs installations et collaborations dans le champ de l'art contemporain et du spectacle vivant. Son travail s'articule actuellement autour de la pratique de la vidéo, du dessin et du volume, combinée à des dispositifs sonores. Il prépare actuellement différents projets d'installations qui interrogent les grands ensembles architecturaux et leurs relations aux utopies.