Je travaille depuis plusieurs années sur le soleil, la chaleur et, par
le biais de la photographie et du dessin, sur une approche sensible des
paysages d'étés anéantis ou exaltés par l'abondance lumineuse.Le corps
qui passe dans ces paysages méditerranéens, réceptacle des heures chaudes,
éprouve pleinement "le point d'ébullition" dont parle Bataille*"qui
lie la sauvage destinée humaine, au rayonnement, à l'explosion, à la flamme":
aveuglement, insolation, syncope, étouffement, ramollissement, étirent
les sens, et ravivent les émotions: tous ces états vrillent la lecture
du paysage et menace le genre d'un gigantesque réchauffement climatique.
Il arrive même que la chaleur du sentiment amoureux,l'intensité du désir,
la brûlure du manque accompagnent et amplifient ma lecture du paysage.
Ainsi, les vallonnement dessinés, les broussailles photographiées,les
mots d'amour consignés... tous proclament la flamme, la menace d'un possible
embrasement, l'attente d'un possible embrasement.
Le désir se frotte à la photographie et obnubile sa visée,change de moyens
de transports, investit d'autres moyens d'expressions, se trace à la pointe
de l'allumette, joue du soufre, fait tourner et tomber les têtes, consume
les corps ...
...bouleverse le paysage.
d. c.
septembre 2009, Marseille
* Georges Bataille, "Van Gogh Prométhée",Oeuvres complètes t. 1,Gallimard.