Le paysage ne se limite pas aux données visuelles du monde qui nous entoure.
Il ne peut se réduire à une pure morphologie de l’environnement. Aujourd’hui,
les systèmes organisationnels du paysage ne sont plus liés à des sols,
à des textures, à des matières, mais à des <<graphes mentaux>>,
de telle sorte que le paysage « appartient davantage à l’ordre du mental
que du physique ». Le paysage n’est pas seulement le « miroir de l’âme
», il renvoie à la réalité.
Ma recherche a pour objet la définition des éléments constitutifs du paysage,
à l’aide d’un outil privilégié et particulièrement adapté, la photographie,
à la fois moyen d’expression et d’observation. Mon travail s’inscrit donc
dans une perspective critique, considère le monde
D’aujourd’hui comme la résultante de multiples activités humaines qui
des plus humbles aux plus spectaculaires, aménagent, transforment, refigure
l’espace.
Le paysage est impliqué dans la vie sociale (et réciproquement), il est
conditionné en
Permanence par les rapports sociaux. En somme, le paysage est une entité
relative et dynamique, où nature et société, regard et environnement sont
en constante interaction.
Il va de soi que notre environnement paysager (urbain, rural, industriel,
touristique, etc.) est réactualisé constamment par des acteurs socio-économiques(
paysagistes, urbanistes, pouvoirs publics, etc.) qui déplacent de leur
contexte les fonctions perceptives traditionnelles du paysage en une nouvelle
lecture composite.
L’aménagement du territoire n’obéit plus au seul critère classique de
l’esthétique. Le paysagiste contemporain devient l’homme à tout faire
qui orchestre la disparition de son objet, le paysage, vers une réorganisation
des éléments de plus en plus éloignés de son domaine premier.
C’est ainsi que l’écologie et sa forme politico-sociale se substituent
au paysage comme dernière limite enveloppante.
<<Le paysage de demain sera un continuum où il n’apparaîtra
plus que sous la forme d’îlots d’objets>>.
André Forestier est né à Marseille en 1955.
Dessinateur maquettiste de formation, il quitte cette profession dès
1977 pour se consacrer exclusivement à la photographie et suit une formation
dans ce domaine à l’Université de Provence (Aix-Marseille II) de 1977
à 1979.
A sa sortie, il devient « photographe indépendant » et travaille à la
pige quelques temps à l’A.F.P.
Dans les années 80, il diversifie ses travaux alimentaires : reportages,
industrie, publicité, etc.
Il monte en 1984 un atelier de tirages N&B, voyage en France et à
l’étranger et fait divers stages, notamment à Arles (Pedro Meyer, Gary
Winogrand, René Burri,…).
Il publie sous la direction de Pascal Urbain ses premières photos dans
« L’architecture historique de la ville de Marseille », Ed. Edisud. A
partir de cette date, il travaille exclusivement sur le paysage. Il rencontre
des architectes et théoriciens du paysage comme Alain Roger, Augustin
Berque, Alain Marguerit, Georges Demouchy et Alix Audurier-Cros qui lui
permettront d’avoir un regard particulier sur l’évolution de notre environnement
paysager, de concevoir des paysages urbains et ruraux dans leurs caractères
naturels ou artificiels et dans leurs valeurs historiques et culturelles.
A partir de 1986, il enseigne la photographie à l’école des Beaux-Arts
de la ville de Marseille.
En 1989, il crée avec Fabrice Ney, sociologue et photographe, l’association
S.I.T.e (Sud, Images, Territoire) ; ils produisent ensemble, entre autres
: 1989 - Terres brûlées, sur les incendies de forêt dans le midi de la
France et participent au colloque intitulé « Foresterranée » au Palais
des Papes d’Avignon, organisé par l’INRA.
Une expérience visuelle nouvelle prend alors forme, sa production photographique
s’oriente sur « l’artialisation » du paysage et ses déviances ornementales.
Après avoir travaillé sur l’implantation du paysage dans la vie sociale
avec S.I.T.e, dès 1992, il s’emploie à montrer le monde paysager comme
la résultante des multiples activités humaines qui, des plus humbles aux
plus spectaculaires, aménagent, transforment, refigurent l’espace environnant.
1993 Sont les deux mamelles…(sur l’aménagement des loisirs sportifs)
Sculptures rurales (sur le land art naturel agricole)
1995 Le grand littoral (plan d’occupation du sol)
1996 Attitudes-Altitudes (mémoire et paysages populaires en montagne)
1997 Dépaysement (paysage décoratif)
1998 Recyclages (substitution des matériaux routiers)
Immensité intime ( le regard Nature)
1999 Les quatre saisons du paysage (paysage textile)
Variations paysagères (paysage de détritus)
Ses travaux ont été présentés dans divers lieux : Vieille Charité (Marseille), Musée Géo-Charles (Échirolles), Espace Van Gogh (Arles),…Et tout particulièrement, à partir de 1997, à la galerie Le Réverbère à Lyon.