supervues - petite surface de l'art contemporain du vendredi 14 décembre au dimanche 16 décembre 2007 - hôtel Burrhus - Vaison-la-Romaine

Lionel Fourneaux

Lionel Fourneaux est né à Suresnes le 1er mars 1954. C’est avec un Instamatic Kodak offert par son père qu’il fait tout jeune ses débuts en photographie en assumant bien inconsciemment la mémoire visuelle de la vie de sa famille (une matière/manière qui sera la sienne par la suite). Il découvre pleinement cette discipline grâce à des amis passionnés durant ses études de lettres à la Sorbonne à Paris.
Fort de ses incertitudes, il commence à montrer ses premières recherches et obtient ainsi
en 1979 le prix du jeune photographe aux Rencontres Internationales de la Photographie à Arles ainsi qu’une bourse de la Fondation Nationale de la Photographie à Lyon. Lionel Fourneaux participe ensuite à l’aventure de la page Courrier du journal Libération et découvre le monde de la scène et ses acteurs en travaillant de 1982 à 1988 au Théâtre National de Chaillot, dirigé alors par Antoine Vitez.
Les années 90 voient sa recherche subir une transformation profonde. Il délaisse assez brusquement les joies de la cueillette pour une pratique plus réflexive, plus grave. Et interroge le support, la matière, le sens et l’usage des images à l’aide d’un dispositif de prise de vue à la verticale ou plus exactement de mise à plat (banc-titre et aujourd’hui le scanner), voire sans appareil de prises de vue.
Il met ainsi en espace des dispositifs photographiques qui convoquent ses propres images comme celles extraites de l’inépuisable gisement des représentations du monde avec pour objectif d’évaluer le présent dans le passé, l’intime dans le collectif, le singulier dans le banal. Reproduction/intervention.
Ayant réduit au minimum le geste proprement photographique, il manipule inlassablement les images d’images afin d’en creuser le sens et les expose à des traitements qui les altèrent et les métissent pour une relecture critique. « Peau de chagrin », « Libre de droits », « Présomption d’innocence », ensembles d’images défocalisées sur la mémoire de la guerre et de sa propre origine ont été exposées à la Galerie Emmanuel Perrotin en 1994, au Centre d’Art Contemporain de Basse-Normandie en 1995 et à la galerie Le Réverbère en 1996.
La pièce « Bruit de fond » (1998), hantée par la nécessité de la transmission des histoires, est montrée à la Galerie Le Réverbère en 1998, à Genève et Marseille en 1999… La pièce « La mort dans l’âme » où il consume le support photographique est exposée à Toulon en 2002 et à la galerie Le Réverbère en 2006.
En compagnie de Beatrix von Conta et André Forestier, également représentés par la galerie Le Réverbère, il crée à Marseille l’association Albédo qui a produit deux expositions, la première – « Présent antérieur » - en 2001 à la cité du livre à Aix-en-Provence sur la mémoire du camp de transit, d’internement et de déportation des MiIles entre 1939 et 1942, la deuxième – « Fragments de paradis » - en 2006 à l’écomusée de la forêt méditerranéenne à Gardanne sur les représentations stéréotypées de la Provence.
Lionel Fourneaux partage désormais son temps entre sa vie de famille à Marseille, ses recherches photographiques et ses nombreuses interventions artistiques en milieu scolaire et universitaire. Il est invité à participer à divers colloques sur la photographie, Arles, Dijon, Istres, Marseille, Valence…
Ses photographies se trouvent dans de nombreuses collections publiques et privées.