supervues - petite surface de l'art contemporain du vendredi 14 décembre au dimanche 16 décembre 2007 - hôtel Burrhus - Vaison-la-Romaine

Michel Steiner

au vif du sujet
Yvain Bornibus

Michel Steiner appartient à cette génération qui a subi ou provoqué ces bouleversements et pour qui les “Beaux-Arts” signifiaient quelque chose, ne serait-ce qu’une cible à détruire. Certains des ses proches amis de “support/surface” s’y sont employés avec élégance.

Cet environnement agité oblige depuis longtemps Michel Steiner à tenir sa position en toute connaissance de cause. Comme mise à nu par ce glissement de terrain qui révèle l’évidente solidité de ses fondations, sa peinture émerge aujourd’hui, tel un repère. Mais ne nous trompons pas, ce repère n’indique pas un moment du passé que nous verrions s’éloigner à jamais. Il marque l’endroit où la peinture s’enfonce en nous-même quelle que soit l’époque ; et c’est toujours le même puits qu’elle creuse.

« Tu es revenu dans la lumière. Elle est blanche :
un espace fouetté que creusent des cavités d’air.

Quelqu’un déclare :
- Il ne faut pas se tromper d’intimité.
Et toi, tu me dis à voix basse :
- Les bouteilles et la femme sont des pièges à la lumière.

Michel, lui, est en train d’expliquer :
- En ce moment, je suis préoccupé par le rapport des
blancs-lumière avec les blancs-tendresse…

Tendresse, me dis-je, tout ce qui touche la peau :
La chemise, les draps, l’air, l’autre… »

Bernard Noël
Dans “Onze romans d’œil”
P.O.L., 1987